Info expérimentations, action 89

Le « Chantier simplification et redéploiements » (sic) est déployé depuis quelques temps sur les agences Pôle emploi de la région PACA.

Plus connu sous le titre « Action 89 » (re-sic), ses objectifs principaux sont d’ « accroître le temps agent consacré au suivi et à l’accompagnement à hauteur de 2000 équivalents temps plein (ETP) et redéployer l’équivalent de 600 ETP fonctions support ». La DG explique que la méthodologie employée comporte notamment une « phase diagnostic s’appuyant sur l’expertise des conseillers sur les processus à travers leur participation aux ateliers et aux tests des solutions » et que la « démarche [est] adaptée à chaque agence qui réalise son autodiagnostic et identifie les pistes les plus adaptées ».

 Le retour que nous avons aujourd’hui de bon nombre d’agences diffère du discours proposé par la DG ou par la DR. Un exemple : même si certains « irritants » n’ont jamais été évoqués par les conseillers au sein de l’agence lors de la phase de diagnostic, ils sont imposés par la direction pour la phase de tests.

 Ne nous trompons pas : cette démarche méthodologique qui s’appuie sur une « logique d’adhésion » (qui s’apparente davantage à de la manipulation) est tout à fait comparable à celle du « Toyotisme » (ou KAIZEN) consistant au repérage et à l’élimination par les salariés eux-mêmes de toute activité considérée comme non productive. Elle consiste à  :

          faire croire que l’on prend en considération l’avis des agents (ils sont soit disant au centre des préoccupations)

          prendre en compte l’activité des agents uniquement dans le cadre de difficultés se rapportant à des standards ou à des perspectives imposés ou choisis selon les seuls objectifs de gains de productivité ou financiers

          accroitre sans fin la productivité, la polyvalence bouche-trou, la mise en concurrence…

 

Les agents deviennent acteurs de leur propre augmentation de productivité et de la dégradation de leurs conditions de travail. Les conséquences à terme pour eux en termes de souffrance physique ou psychologique sont depuis quelques années malheureusement bien connues : division extrême des tâches, intensification du travail, diminution de la latitude décisionnelle, perte d’autonomie et disparition de la solidarité.

 

Enfin, n’oublions pas qu’en 2014 la « négociation » sur les classifications a démarré et comme bien d’autres actions, ce type de chantier contribue largement à déclassifier nos emplois donc à influencer cette négociation !

 

Aussi, le SNU ne peut que rejeter massivement cette mise en Å“uvre au sein de notre institution et soutient tous les personnels dans leur refus d’y collaborer (à noter qu’un tel type de démarche est générateur de RPS au sens de la loi : art. L4121-1, art. L4121-2, art. L4121-3 et art. L4121-4).

 

Aussi, dans un contexte de tension du réseau lié à la montée exponentielle du chômage, à des changements incessant dans l’organisation du travail / dans les outils informatiques / dans les modalités d’exercice professionnel, etc., cette démarche nous apparait dangereuse, n’apporte rien dans la réelle amélioration des conditions de travail – bien au contraire – et ne répond en rien aux besoins des demandeurs d’emploi et des recruteurs.

 C’est pourquoi nous demandons à nouveau à la DR PACA de mettre fin à cette expérimentation dès à présent.

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